Le vendredi 10 Tévet 5605 (20 décembre 1844), soit le jour de jeûne en souvenir du siège de Jérusalem par l’impie Nabuchodonosor, roi de Babylonie, fut le dernier jour de Rabbi Nathan sur terre. Les disciples de Rabbi Nathan se tenaient autour de lui et, à l’aube, lui firent la lecture du Conte « Le Roi et l’Empereur » où à la fin elle désigne son fiancé et lui dit : « Maintenant, viens et rentrons à la maison… » Quand ses disciples prononcèrent la dernière phrase de ce conte, « Viens et rentrons à la maison ! » Rabbi Nathan leur demanda de la lui redire plusieurs fois. Puis, il leur déclara : « Pour moi est arrivée l’heure de rentrer ! »
Ensuite il se mit à leur parler des trois évènements tragiques qui se produisirent durant le mois de Téveth : « Ezra le scribe mourut (le 9 Tévet), la Torah fut traduite en grec sous le règne de Ptolémée (le 8 Tévet), et l’armée de Nabuchodonosor fit le siège de Jérusalem (le 10 Tévet). »
Il leur livra alors ces paroles : « Lorsque Ezra le scribe a quitté ce monde, l’hérésie et l’assimilation se sont développées. Il en est de même de nos jours où on assiste à la profusion d’idéologies mensongères par milliers et myriades… Vous devez rester unis dans une profonde amitié… Aujourd’hui circulent des milliers de livres hérétiques, et pourtant j’ai foi dans le fait qu’une seule page des livres de Rabénou effacera tout cela… C’est pourquoi je demande que votre préoccupation essentielle soit l’édition des livres, afin que s’accomplisse la parole: « Tes sources se répandront à l’extérieur ». Soyez forts dans l’argent, la volonté, et les efforts ! »
Lorsqu’il vit que l’on était en train de préparer les bougies en vue du Chabat, il se releva un peu et s’exclama : « Les lumières du Chabat, les lumières du Chabat ! En vérité, les bougies de Chabat, de la fête et de ‘Hanouca relèvent du même principe. Je pourrais vous livrer beaucoup de nouvelles notions là-dessus, des innovations sublimes et extraordinaires sur des lignes et des lignes de lois. Mais je n’en ai plus la force… »

Quelques temps après l’allumage des bougies de Chabat, en ce vendredi 10 Tévet 5605 (20 décembre 1844), Rabbi Nathan rendit son dernier souffle dans une grande sainteté et pureté à l’âge de soixante-quatre ans et onze mois. Il témoigna jusqu’au bout d’un indéfectible attachement à Dieu et à son Maître, Rabbi Na’hman. Dès leur première rencontre, celui-ci l’avait désigné comme étant le point inférieur de l’Aleph, chargé de refléter la lumière du point supérieur. Et Rabbi Nathan avait accompli avec brio sa mission de perpétuer les voies tracées par celui-ci, d’amener la foi, la vitalité et une vraie vie à chaque Juif, quel que soit son niveau, même s’il se trouve très éloigné de Dieu. Il s’était attelé surtout à transmettre la notion essentielle de Rabbi Na’hman qui est que quoiqu’ait pu faire l’homme, même s’il croule sous les fautes, le désespoir n’existe pas et il peut toujours revenir vers Dieu. Juste avant de quitter ce monde, Rabbi Nathan répéta plusieurs fois : « Hanoun hamarbé lisloa’h/ Dieu pardonnera toujours ! »
Rabbi Nathan ayant quitté ce monde à l’entrée de Chabat, il ne fut pas possible d’annoncer la triste nouvelle avant la sortie de Chabat. Ce même vendredi soir, Rabbi Naftali, qui se trouvait à Ouman, réalisa que Rabbi Nathan n’était plus. Comme on lui demandait comment il pouvait le savoir, il répondit : « J’ai fait un rêve où je voyais Rabbi Nathan courir en toute hâte »:
— Rabbi Nathan ! où cours-tu ? lui dis-je.
— Moi ? répondit-il, directement chez Rabénou !
Son fidèle compagnon apprit donc sa disparition par des voies surnaturelles. Les ‘Hassidé Breslev affirment que l’on peut entrevoir la grandeur de Rabbi Nathan, qui eut le mérite de se rendre chez Rabénou dans le monde céleste, alors qu’il n’était pas encore inhumé, l’enterrement ne devant avoir lieu que le lendemain soir.
Un très grand nombre de personnes assista à l’enterrement de Rabbi Nathan le samedi soir 12 Tévet 5605 (21 décembre 1844).
Même des opposants aux Breslevers vinrent lui rendre un dernier hommage ! Rabbi Nathan fut enterré avec les plus grands honneurs, et oraisons. Rabbi Aaron clama : « Mon ami ! Mon très cher et plus fidèle ami ! Toute la lumière de Rabénou brille à jamais sur toi ».









