Le Tsadik et les Oushpizine
Le rôle du Tsadik véritable ressemble exactement à la Soucca. Tout comme la Soucca est un abri physique éphémère qui nous enveloppe et nous protège du monde extérieur, le Tsadik est un refuge spirituel. S’attacher à lui nous protège contre les forces du mal, le doute et le désespoir. La Soucca est appelée dans le Zohar « Tsila deMehemnota » (l’Ombre de la Foi). Rabbi Nahman enseigne que le Tsadik transmet cette foi pure et simple (Emouna) à tous ceux qui sont proches de lui.
Pendant Souccot, la tradition veut que l’on invite chaque jour un invité spirituel (Oushpizine), comme Avraham, Yits’hak, etc. En plus de ces sept bergers d’Israël, l’âme de Rabénou est particulièrement présente et accessible dans la Soucca. C’est le moment idéal pour étudier ses livres à l’intérieur de la Soucca afin de s’imprégner de sa lumière.
« סוכות/Souccot » écrit ainsi « Samekh, Kaf, Vav, Tav » a la même guématria (648) « Na’hal Novéa Mékor ‘Hokhma/Fleuve Jaillissant Source de Sagesse », + ses lettres, ses mots + 1 pour l’ensemble (Kokhvé Or).
La joie
Souccot est appelée la fête de notre joie (Zman Sim’hatenou). Rabénou déclara: « C’est une grande mitsva d’être toujours joyeux ! ». Pour le Tsadik, la joie de Souccot n’est pas superficielle, elle est une force spirituelle capable de briser toutes les tristesses et d’annuler les jugements célestes stricts pour les transformer en pure miséricorde.
Il insista énormément sur le fait d’accomplir les mitsvot, et particulièrement celle de s’asseoir dans la Soucca, avec une joie immense. Selon lui, lorsque l’homme se réjouit sincèrement en accomplissant la volonté de Dieu (en installant le Skhakh, en décorant la Soucca et en y résidant, sa joie réveille une joie immense dans les mondes supérieurs, transformant ainsi les jugements sévères en pure miséricorde.
Et c’est notre proximité avec le Tsadik authentique qui nous procure cette joie car Rabenou s’appelle « Rabbi Na’hman Ben Sim’ha ».
La prière
Rabénou enseigne aussi que lorsqu’un Juif prie avec toute son énergie, en concentrant chaque parcelle de sa force dans les mots de la prière, les lettres saintes s’unissent pour former une structure. Cette structure spirituelle devient un habit de lumière et une protection, agissant exactement comme les parois et le toit (Skhakh) de la Soucca. La prière intense crée une Soucca spirituelle dans laquelle notre âme vient se réfugier. Mais pour que la prière soit reçue et pour résider véritablement dans la Soucca, il faut faire preuve d’humilité (Bitoul).
En effet pour Souccot, on quitte sa maison en pierre solide pour habiter une cabane fragile. On montre qu’on ne compte pas sur sa propre puissance matérielle, mais uniquement sur la protection de Dieu. Se tenir devant Dieu et prier exige de briser son ego, de reconnaître sa propre fragilité et de s’en remettre totalement à Lui. C’est pourquoi Rabbi Nachman affirme que la Soucca donne la force de prier avec vérité, car elle brise l’orgueil qui bloque la prière.
De plus la valeur spirituelle de la Soucca et celle de la prière intense sont toutes deux liées à la fécondité et à la bénédiction d’avoir des enfants. Le mot Soucca fait écho au verset des Psaumes : « Tu m’as abrité (Soutani) dans le sein de ma mère ». Prier à l’intérieur de la Soucca avec ferveur est l’un des moments les plus puissants de l’année pour demander une descendance ou une délivrance personnelle.
Ashreinou et que l’on mérite tous de résider durant ces sept jours dans la Soucca du Tsadik, celui qui est le Maitre de la maison (Roch Bayit), afin de procurer une grande joie à Hachem et s’unir en Lui.